1. Un aide-mémoire pour les chorégraphes
Bien des chorégraphes éprouvent le besoin de prendre des notes durant le processus de création pour mémoriser l’évolution de leur travail.
Ne maîtrisant pas toujours un système de notation, ils développent des « écritures » moins techniques qu’ils sont seuls à comprendre et qui leur permettent de ne pas perdre la trace de certaines séquences de leurs oeuvres.
2. Au service des oeuvres
Durant le temps de création, certains chorégraphes utilisent de véritables systèmes de notation pour disposer d’une saisie fiable et précise des mouvements. L’usage de deux d’entre eux s’est répandu à l’échelle internationale : la cinétographie Laban et la notation Benesh, présentées dans l’exposition à travers deux partitions d’oeuvres contemporaines.
3. Faire vivre les répertoires
Noter une chorégraphie permet d’en conserver la mémoire, de créer une « littérature » de la danse. Partitions à l’appui, des oeuvres du passé, transcrites lors de leur création, renaissent ainsi de leurs cendres au XXe siècle. Deux exemples en témoignent ici : le remontage du pas de six de La Vivandière par Pierre Lacotte et la création d’Atys par Francine Lancelot.
4. Diffuser des danses de société
La notation ne sert pas seulement à garder trace d’oeuvres chorégraphiques. Elle se révèle également très utile dans la pratique amateur et collective des danses de société. Pour bien se mouvoir ensemble, il faut avoir assimilé les mêmes règles, et le détour par l’écrit est alors précieux.Depuis des siècles, les manuels d’apprentissage regorgent d’essais de transcription du mouvement aussi variés que les danses qu’ils évoquent.
5. Au-delà de la danse
Grâce à certaines notations, il est possible de consigner tout type de mouvement humain. Des metteurs en scène y ont notamment recours, comme le montre le tapuscrit de La Fausse Suivante, annoté en cinétographie Laban. La notation est aussi un outil essentiel dans différentes disciplines comme l’ergonomie, la kinésithérapie et plus particulièrement l’anthropologie.
6. Apprendre à apprendre
Noter implique d’observer, d’analyser, de se référer à un « discours objectif », autant de compétences utiles pour les danseurs. Elles changent leur approche de l’apprentissage de la danse en leur permettant, entre autres, de s’émanciper de la présence d’un maître. Les enfants eux aussi s’approprient très rapidement les principes de l’analyse du mouvement liés à la notation et développent un autre rapport à leur mobilité. On en découvre ici un exemple issu d’un livre d’images conçu par Ann Hutchinson Guest, destiné à l’apprentissage du Motif Description.
7. La partition comme oeuvre
À la fin du XIXe siècle, des artistes comme Degas, Rodin ou Bourdelle se sont tout particulièrement intéressés au mouvement. Au cours du XXe siècle, certains iront même jusqu’à « danser leur peinture », comme Jackson Pollock. Des chorégraphes, surtout dans les années 1960, s’inspireront de telles démarches pour produire des oeuvres chorégraphiques impliquant les arts visuels.