Dans un entretien récent J.Goody évoque succinctement et par analogie avec la musique quelques rapports de l’écriture et du ballet « Dans les domaines de l’art, la littératie a des effets cruciaux. « Ecrire de la musique » a des effets sur la musique même, « écrire un ballet » aussi a des conséquences sur la danse, sa codification, son apprentissage, sa transmission ». Il remarque par ailleurs l’inflation liée à l’usage du terme écriture appliquée à toute sorte d’activités, un usage inflationniste venant relayer celui du terme « langage ». Un système de notation est un système d’enregistrement a posteriori, pour la mémoire.
Il nous parait qu’on ne peut si aisément établir de parallèle à cet égard, entre musique et danse. La seconde ne dispose pas d’une écriture spécifique normalisée et internationale, d’un solfège susceptible de peser sur les modes d’apprentissage et de transmission comme sur la composition créatrice. Nous avions déjà abordé succinctement cette question dans deux publications anciennes.
Alors en quoi le chorégraphe, serait-il graphe, et pur produit d’une culture écrite ?
Le chorégraphe est un, il endosse la création, même s’il n’est pas danseur, il l’a généralement été, il s’est forgé un style, s’est constitué son vocabulaire, de pas, de formes corporelles, il a utilisé toute sortes de ressources, celles des corps des danseurs, habillés ou non, souvent épurés, dénudés, allant jusqu’aux limites des ressources du corps, ou au contraire, les a rhabillé en d’étranges formes, les corps modelant au contact des matières d’autres créations (Alwin Nikolais), il a pu sortir de l’espace scénique, inviter à danser dans la rue, dans les jardins. En général, il a fini par constituer une compagnie, faite de danseurs choisis selon ses critères corporels ou de personnalité.
Cette communication fera donc un état des lieux sur les rapports danse écriture en proposant des pistes de réflexion selon les trois types d’interrogations suivantes :
-nature et spécificité d’une écriture sur la danse, l’écriture des critiques et chroniqueurs spécialisés. Plus largement quelle est aujourd’hui, la présence de l’écriture avant pendant et après la production du ballet et se signification.
-L’écriture et son rôle dans la création chorégraphique : Un système de notation n’est pas une écriture. Que signifie le « graphe » du chorégraphe ?
- Quelle est la place de l’écriture, du verbal et du non verbal dans l’apprentissage et la transmission artistique dans la danse contemporaine.
J.GOODY Traduction claire Maniez, Coordination Jean-Marie Privat Pouvoirs et savoirs de l’écrit. Ed la dispute 2007
C.Dardy « Corps qui danse, corps qui pense » p 173 à 195 Revue Actions et recherches sociales Mars 1982 n°1 Corps et société.